LEONIE PERNET

Comme une plongée dans un liquide amniotique, le premier album de Léonie Pernet, 28 ans, donne le vertige des nuits sans fin. Ces nuits passées à boxer contre soi- même, sans savoir s’il y aura un matin. Crave : ce disque serait celui d’un désir oppressant, griffé d’ombres et d’éclats, un désir inquiet qu’il aura fallu trois ans à Léonie depuis Two of us, son premier EP (Kill the DJ Records) remarqué en 2014, pour l’éprouver, le composer et, enfin, le partager.

 

Disque de l’intranquilité, cet album fut composé dans une solitude totale, parfois toxique, que seul Alf (Stéphane Briat) vint sublimer au mixage. C’est que Léonie, qui fit ses armes auprès de Yuksek en tant que batteuse, ne soutient pas le compromis et prend toutes les décisions seule : chacun des 11 titres de ce disque fut composé dans l’évidence foetale, et arrangé dans un studio de Barbès qui aurait pu être renommé l’intime conviction. Un disque de la solitude donc — mais d’une solitude peuplée. Unique, Léonie n’en est pas moins foule. Foule de talents, d’abord. Batteuse, pianiste, arrangeuse, chanteuse à la tessiture en grand écart, Léonie est un kaléidoscope. Foule d’influences, aussi.

 

Toute confinée qu’elle est quand elle compose, Léonie Pernet à le goût des sorties qui ouvrent, des outro qui l’emportent ailleurs. Et achevant l’écoute de ce disque comme on sort d’une insomnie fiévreuse, peut-être sentirez-vous le vent d’un matin plus doux, léger comme une chanson, toi qui ne veux rien dire, toi qui me parles d’elle, de ses nuits, de nos nuits…