IMARHAN

Cela fait 15 ans que la culture Touareg fascine le monde. Leurs chants poétiques, sacrés, inspirent les songwriters occidentaux comme Kurt Vile ou José Gonzales, tandis que la virtuosité de leurs jeux de guitares fascinent les guitares héros comme Jimmy Page; enfin la spiritualité et l’hypnotisme méditatif impressionne les producteurs de musique électronique tel Four Tet.

 

En deux albums, Imarhan est devenu un emblème de la nouvelle génération Touareg, insufflant à l’Assouf, le blues du désert un vent nouveau. Là où la majorité des productions Touareg actuelles s’exilent aux Etats-Unis, le quintet mené par Sadam s’inscrit dans leur culture, leur ville, la capitale des Touaregs aux portes ouvertes sur le désert. En créant Aboogi, leur studio au coeur de Tamanrasset et du Hoggar, Imarhan se fait porte-parole de la jeune génération Touareg, grande oubliée des gouvernements de la région.

 

Avec ce troisième album Aboogi, Imarhan manipule les rites et l’ancestralité des Touaregs. En réunissant le poète légendaire Japonais (récemment décédé), le musicien conteur Abdallah Ag Alhousseyni, Imarhan se veut rassembleur. Quand ils enregistrent avec le gallois Gruff Rhys des Super Furry Animals, leur songwriting génial et universel prend ici tout son sens. En invitant la chanteuse Soudanaise Sulafa Elyas, on comprend qu’Imarhan est ouvert à toute l’Afrique, défenseurs des Touaregs mais surtout porte-parole de la nouvelle génération africaine.

 

On y parle du lien à la nature, de l’oppression, de la jeunesse perdue mais aussi et surtout d’espoir et de lutte sur des riffs de guitare ensablés, des choeurs envoûtants et des paroles en forme de poésie des grands espaces.